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Réflexion : voyager quand on est végétarien

5 juin 2017

Être végétarien en voyage, de nos mondes occidentalisés ça ne semble pas être un problème.
Bien que je ne le sois pas, c’est un sujet, parfois sensible et épineux, qui m’interpelle. Lorsque je voyage je ne peux m’empêcher d’aller dans les supermarchés et observer les différences alimentaires entre deux pays qui ont parfois le même mode de vie. Rien qu’Europe, la différence entre les supermarchés est parfois étonnante. Les jambons industriels en Espagne me font flipper par exemple.
Et un matin, je me suis demandé si le voyage et le végétarisme étaient deux notions compatibles. Profondément convaincue que oui, j’ai eu l’idée de laisser la parole à mon amie Cloé partie en tour du monde qui vit actuellement à Londres afin qu’elle puisse partager avec nous son expérience. 

réflexion : être végétarien en voyageréflexion : être végétarien en voyagevoyager en étant végétarien, expérience en Australie

 

Mon amie Amélie, de longue date bien que malheureusement de longue distance, et que vous connaissez bien de par ces clichés remarquables et ces précieux conseils voyage, m’a demandé de participer à l’écriture d’un post : voyager quand on est végétarien ou vegan. Laissez-moi vous dire que 1. je n’ai pas pour habitude d’écrire pour vous les internautes et 2. mon épopée ZipWorld ne se qualifierait pas de culinaire. Cependant, Amélie c’est ma copine et j’y ai vu l’opportunité de promouvoir un mode de vie cruelty-free que j’ai adopté il y a presque 5 ans.

Ma soeur, Julie et moi, sommes parties il y a un an en « tour du monde » relativement express (trois mois et demi : Dubai, Thaïlande, Australie, Nouvelle-Zélande, Polynésie Française et USA). Ma soeur et moi, comme d’autres miliers de backpackers, nous sommes réjouies d’en boucler la boucle, appareil photos et EpiPen en mains (voir plus bas). 

 

Manger végétarien / vegan en tour du monde

Amis végétariens ou carnistes qui se posent cette question sérieuse de savoir si le voyage et le végétarisme sont compatibles, vous trouverez toujours de quoi vous mettre sous la dent même dans les coins les plus isolés. Oui parce qu’un plat végétarien en cas de nécessité n’est en réalité autre qu’une omission de viande et poisson (un tantinet plus délicat pour un plat végétalien). Alors à condition que la communication soit bonne entre vous et le natif qui vous prépare un bon petit plat, tout est possible. N’hésitez pas à insister que le poulet / thon n’est pas une option végétarienne car certains animaux ne sont pas perçus comme viande. Biryani, pad thaï, green curry, burgers, soupes … il y a toujours une solution, sinon, c’est que ce n’est pas un problème. 

Le petit problème justement : l’allergie dangereuse et compliquée de ma soeur aux produits laitiers. Je vous laisse imaginer l’étonnement et confusion des gens au moment de commander : So my sister here has a serions dairy allergy, she cant’ even have the slightest amount of butter or she’ll die, but she loves fish. As for me, I’m vegan. 
Relous, les deux frangines françaises ? 

 

 

voyager quand on est végétarien, expérience en Thaïlandevoyager quand on est végétarien, expérience en Thaïlande

 

Le chameleon ou comment s’adapter à toute situation

Être végétarien en voyage, donc, c’est possible mais ne va pas sans jugement. Je me suis rarement sentie être l’intrus en voyage. Pour vous donner une idée, c’est surtout quand je vivais en France que j’ai du faire face au veggie shaming. Je me souviens d’un restaurant à Lyon où le chef est sorti de ses gonds (et de sa cuisine par la même occasion) pour m’interroger : Mais pourquoi ne manges-tu pas de viande ? Que vais-je te préparer ? Même pas du poulet ? C’est une maladie ? Dans des situations pareilles, on se sent ridiculisé, mais j’ai appris à me protéger de toutes remarques cyniques ou hautaines (surtout après ma transition vers le végétalisme).

Durant mon tour du monde alors ? Rien de tout cela ne m’est arrivé. 
Certes, lorsque l’on voyage, on reste humble, on apprend de nos voisins et on s’adapte aux coutumes locales : « immersion totale », dit-on. Il faut se rappeler que la majorité des gens sont bienveillants et accommodants dans n’importe quelle société. Un peu comme nos mamans qui s’assurent qu’on a assez mangé, même après nous avoir resservi trois fois.

 

Notre top 6, from tricky to easy

— Thaïlande : contrairement à toutes attentes, c’est en Thaïlande que nous avons peiné le plus. « Comment? » me direz-vous. Les fruits et légumes sont abondants et 93% de la population est bouddhiste. Oui, mais, le porc est une obsession et la fish sauce ou oyster sauce s’invitent dans beaucoup de plats. 

 

— Polynésie Française : la cuisine maohi est dominante et le poisson un incontournable. Mais la gentilesse et la générosité des Tahitiens nous ont nourri l’esprit. De plus, la chaleur fait qu’un bol de délicieux fruits exotiques suffit parfois. 

Anecdote : Lors d’un repas familial auquel nous étions gentiment invitées par des locaux sur plage de Moorea près de Tahiti, on nous a fait gouter le fameux thon cru au lait de coco. Je vous confie me sentir bête d’y aller avec mes doigts couverts de sable pour (pardonnez-moi du jeu de mot), repêcher les morceaux de poisson afin de pouvoir manger le concombre. Le tout en étant observée dubitativement par la doyenne de la famille, une Mamie très drôle de 85 ans. Rappelons-nous que dans certaines cultures, partager de la nourriture avec un hôte est sacré et refuser cette dernière, une déclaration de guerre ! 

 

— Dubaï : nous n’avons pas eu de mal à nous nourrir, mais notre escale de 5 jours ne se qualifierait pas de gastronomique pour autant. Avec 85% de la population dubaïote puisant ses origines dans l’Asie du Sud (à majorité indienne), on se fait facilement servir un repas sans viande. Notez aussi que la chaîne Carrefour est répandue aux Émirates Arabes Unis (le groupe Majid Al Futtaim est partenaire et franchisé de Carrefour), donc pas de dépaysement majeur en matière de nourriture. Les taboulés, biscuits sans lait ou œuf, le pain et les compotes nous ont sauvé la mise plusieurs fois.

 

— Nouvelle-Zélande, Australie et USA : viennent ensuite pays anglo-saxons ou le mot vegan ne fait froncer les sourcils de personne. On sait ce que c’est, le mot s’immisce dans tous les menus et les approvisionnements des supermarchés ne sont pas décevants. 

Anecdotes : On a pu opter pour un BBQ vegan lors d’une excursion dans l’outback Australien. Les magasins des plus petites villes néo-zélandaises ont une section végé et je vous laisse deviner que la côte Ouest des USA est bourrée de restaurants vegan alternatifs et branchés. 

 

 

réflexion : être végétarien en voyage

Société de consommation ! 

Je me suis même surprise à prendre plaisir à passer environ 1h30 dans un Coles Supermarket le jour où nous avons atterri à Los Angeles. Scruter des dizaines de produits vegans nouveaux et excitants faisait alors parti d’un rituel d’analyse de la culture. Que mangent les Américains vegans ici que je ne trouve pas chez moi à Londres ? Ce jour là, par la même occasion, j’ai réellement compris l’œuvre pop art de Duane Hanson, Supermarket lady. Les allées parfaitement rectilignes, la lumiosité presque envoutante des néons et les rayons vides de clients (heure tardive) a rendu l’expérience presque aussi excitante que notre visite à Universal Studios deux jours plus tard.

 

Manger pour vivre ou vivre pour manger ?

Trêve de plaisanteries. Alors être végétarien en voyage c’est évidemment possible ! La question qui se pose conséquemment est  : faut-il manger pour vivre ou vivre pour manger ? Autrement dit, trouver un repas veggie devient soit un enjeu stratégique de survie (i.e Tahïlande où le riz a été notre meilleur ami), soit un hédonisme responsable. Je vais conclure en ajoutant que ma sœur et moi-même, nous nous sommes rapidement aperçues que rien ne vaut un plat qu’on cuisine soit-même, quelque soit les moyens du bord. Notez aussi qu’être et cuisiner végétarien ou vegan demande toujours plus de curiosité, de recherches et de patience (on ne peut -hélas- pas manger la première chose qu’on trouve) et ça, ce sont des qualités indispensables en voyage. Et oui, car c’est en cherchant cette petite roulotte vegan dans un guide local que vous découvrirez un quartier atypique sans vous y attendre. Ou c’est en demandant conseil à votre auberge de jeunesse, que vous vous ferez inviter par des natifs pour un brunch veggie. 

voyager quand on est végétarien, expérience en Polynésie françaisevoyager quand on est végétarien, expérience en Polynésie française

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*Végétarien : ne mange pas de chair animale (viande, poisson, crustacés), ni en théorie de sous produits ayant entrainé la mort des animaux (gélatine, présure de certains fromages).

Végétalien : ne mange aucun produit d’origine animale, donc pas de produits laitiers, d’œufs, de miel …

Vegan : au-delà du régime végétalien, les vegans ne consomment aucuns produits issus de l’exploitation animale (fourrure, cuir, laine) et n’achètent pas de produits cosmétiques ou ménagers contenant des matières animales ou ayant été testés sur les animaux. Il ne se rendent pas non plus à des spectacles exploitant les animaux comme la corrida, les zoos ou les cirques avec animaux. 

Veggie : ce terme rassemble les végétariens, les végétaliens et les vegans.

 

Merci Cloé pour ce retour d’expérience ♡
N’hésitez pas à jeter un œil au reste de leur photo sur leur page facebook Liloé
mais aussi à partager vos expériences « végétarien en voyage » (tour du monde ou non d’ailleurs).

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10 Comments

  • Reply Violaine 5 juin 2017 at 11 h 30 min

    Un sujet intéressant qui nous touche particulièrement puis que nous sommes vegans tous les deux ! On nous demande régulièrement au retour de voyage si cela a été difficile pour nous de nous nourrir dans tel ou tel pays !^^ On répond généralement que c’est souvent bien plus dur d’être végétalien en France qu’ailleurs ! ;-) Même si ça évolue beaucoup ces derniers temps. Dans les pays anglo-saxons c’est juste le bonheur et ailleurs, on trouve toujours un truc à manger ! Bon parfois, c’est pas terrible mais on s’en sort ! Les gens sont toujours curieux de savoir pourquoi on ne mange pas de viande… Ils ne comprennent pas toujours mais la plus part du temps, ils se débrouillent pour nous trouver quelque chose ! Même si on a eu quelques expérience négatives. Ce qui est délicat c’est de refuser un plat sans vexer la personne et d’expliquer que ce n’est pas parce que la cuisine n’est pas bonne mais simplement parce que nous ne consommons pas de produits animaux. Ce sont juste nos valeurs ! ;-)

  • Reply Rory 5 juin 2017 at 12 h 24 min

    Je ne peux qu’apprécier ce post, forcément! En étant en tour du monde apparemment en quelques sortes, je n’ai pas eu de mal en thailande grace à l’appli HappyCow on peut trouver plein de resto vegan, et pareil aucun mal dans le reste de l’asie du sud est, au contraire :)
    Par contre l’année prochaine je me dirige pour les îles pacifiques donc ça sera plus un défi je pense ! Keep you updated éhé
    Merci Amélie pour le partage.

  • Reply Tiphaine Mes Petits Carnets 5 juin 2017 at 19 h 45 min

    Ma petite soeur est végétarienne (moi seulement en transition, j’ai drastiquement réduit ma consommation de viande) et à j’ai le réflexe où que je sois dans le monde de vérifier si elle peut manger quelque chose. La France est à la traîne sur ce genre de choses et c’est bien dommage. Nous sommes beaucoup trop attachés à notre viande, dans ma famille aussi.

    Ce retour d’expérience est très intéressant et je le fais passer à ma soeur, qui part au Japon cet été et verra si c’est un pays ouvert pour cela :)

  • Reply Aurore 5 juin 2017 at 23 h 23 min

    Je suis végétarienne mais j’ai de grosses tendances à faire des exceptions en voyage, j’avoue que pour moi c’est essentiel de découvrir la nourriture du pays quand je découvre une culture. Je fais quand même toujours attention à rechercher des options car en général je m’ « autorise » une exception par séjour. Je trouve l’appli Happy Cow super pour ça mais aussi Google Maps !

  • Reply marionromain 6 juin 2017 at 8 h 01 min

    Très intéressant cet article ! A l’inverse, lors de mon récent séjour à Amsterdam, il m’a semblé que le voyage me facilitait la tâche, tant les options végétariennes et végan sont développées aux Pays-Bas. Pour la flexivore que je suis, en route vers un végétarisme total, c’était un vrai bonheur !

  • Reply Morgane 6 juin 2017 at 21 h 58 min

    Que ce soit en Asie (Japon, Thaïlande, Corée, etc.) ou ailleurs j’ai toujours pu trouver de quoi faire d’incroyables festins sans viande, sans poissons, et ce, que ce soit dans les restaurants ou les tout-petits bouibouis :) Ex : en Thaïlande, Trek de plusieurs jours et les repas concoctés étaient tous vegan ! (la viande est chère, ceci explique peut-être cela :p ) Lait de coco, curry, légumes inconnus au bataillon, riz…Japon idem, une variété de plats et une gastronomie merveilleuse qui laisse la possiblité et le choix de ne pas manger de viande, poissons, etc. (Okonomiyaki, etc.). Habitant en Alsace, nous allons de temps en temps manger en Allemagne ou faire les courses. La variété et les gammes de produits végétariens et vegans proposés n’ont rien à voir avec les rayons pauvrets de nos supermarchés :) Le mois dernier nous sommes retournés à Londres avec mon compagnon pour un événement spécial et en avons profité pour passer quelques jours là-bas. Je n’avais jamais vu un si grand nombre de pancartes ou d’affiches sur les restaus/snack.fast food « vegan friendly » ou autre, et dans les cartes des restaurants, il y avait toujours (enfin là où on est allé !) un voir plusieurs plats végé ou vegan. On est un peu gourmand et on aime bien aller au restau, et honnêtement, en France, je trouve que c’est très très compliqué de trouver des cartes avec des plats végétariens…cela commence à faire son trou, mais par chez nous, quand on demande s’ils ont un plat sans chaire animale, on nous propose les plats avec du poisson :p Deux fois par semaine, je mange avec mon équipe (Vegan) à l’hôpital où nous travaillons et malgré les 4 ans depuis que nous fréquentons la cantine (franchement, y a pas grand monde et on est plutôt bien identifié) cela reste source de grande incompréhension que nous ne prenions pas de viandes et/ou de poissons…on les voit bugger… »ah mais si vous ne voulez pas le poulet, y a des steaks hachés ! » Sur les trois cuisiniers, seul l’un d’entre eux fait des efforts, malheureusement, il n’est pas souvent là…Et je me dis pauvre patients en gériatrie qui n’ont pas le choix…c’est viande midi et soir (obligatoire) et poisson le vendredi…A Strasbourg, il n’y a que 3 ou 4 restaus végétariens et 1 seul Vegan ! Pour une si grande ville européenne ! Cela pose tout de même question, non ? Et ce ne sont que quelques exemples parmi tant d’autres

  • Reply Lucie Aidart 7 juin 2017 at 5 h 29 min

    Merci pour ce joli post. Je suis moi-même pescétarienne depuis six mois. J’ai fait ce choix car je déménageais au Japon et je sentais que devenir végétarienne allait être compliqué. Ajoutez à cela mon intolérance à la sauce soja et c’est le combo parfait!
    Autant dire que le Japon ce n’est pas évident, c’est cher et il y a des pièges et on ne comprend pas la langue… Bref, pour manger sain, pas cher et principalement végétarien, je cuisine et c’est la meilleure solution :)

  • Reply Fork de Mapandfork 10 juin 2017 at 16 h 54 min

    Très intéressant. Sans être vraiment végétarienne, je consomme rarement de la viande et j’ai pour habitude de comparer les modes d’alimentation des pays où je séjourne et certains ne sont pas particulièrement veggie-friendly.
    Je suis entièrement d’accord avec l’analyse sur le Royaume Uni, si la nourriture laisse à désirer outre Manche, elle a au moins le mérite de proposer des alternatives végétariennes et/ou vegan.
    En France j’ai toujours trouvé des alternatives même si elles sont souvent limitées mais les pays qui m’ont posé le plus de difficultés sont la Bosnie et l’Italie. En Bosnie, quand j’ai demandé un sandwich sans viande on m’a dévisagée comme si je venais d’annoncer que je débarquais d’une autre planète. Les gens ne comprenaient vraiment pas pourquoi je demandais quelque chose d’aussi étrange.
    Et en Italie, au port de Naples, après des heures de voyage alors que je voulais manger avant de prendre le bateau, je me suis retrouvée avec pour unique option un paquet de Tuc, toutes les pizzas, salades, sandwiches et autres crocchè contenant de la viande.
    Au Maroc depuis quelques mois, je remarque que les gens ont tendance à consommer énormément de viande, pas toujours facile de trouver un plat végétarien dans un restaurant qui n’est pas touristique. Cela dit, il existe des spécialités locales végétaliennes comme les salades (chermoula, tchaktchouka…) et les plats à base de lentilles ou pois chiches (bissara par exemple)

  • Reply Parenthèse Citron 11 juin 2017 at 22 h 47 min

    Par rapport à toutes les villes européennes où j’ai pu aller jusque là, finalement le pays basque espagnole (où je vis) et la France (d’où je viens) sont les plus compliqués pour moi. J’ai vraiment halluciné à Londres, Lausanne et en Italie de la facilité avec laquelle les repas (et/ou les courses) se font ! On a du retard en France, c’est indéniable, je suis toujours étonnée quand un restaurateur ne connaît pas la distinction végétarien / végétalien, pour moi c’est un peu une incohérence par rapport au métier, tout du moins un manque de curiosité qui me gêne parfois franchement.

  • Reply Delphine 13 juin 2017 at 12 h 25 min

    Je suis vegan et je dois avouer avoir plus de discussions envenimées en suisse avec mon entourage, qu’en voyage… En thaïlande il est rare que j’ai eu de gros soucis. Si aucun plat vegan n’est à la carte, les cuisiniers ont toujours trouvé quelque chose à me faire. Mais le mieux reste la location d’un appartement avec cuisine

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