Être végétarien en voyage est-ce compatible ?


Bien que je ne le sois pas (plutôt flexistariste), c’est un sujet qui peut être sensible et qui m’interpelle. Lorsque je voyage je ne peux m’empêcher d’aller dans les supermarchés et observer les différences alimentaires entre deux pays qui ont parfois le même mode de vie. Rien qu’Europe, la différence entre les supermarchés est parfois étonnante. Les jambons industriels en Espagne me font flipper par exemple. Je me suis alors demandé si le voyage et le végétarisme étaient deux notions compatibles. Profondément convaincue que oui, j’ai eu l’idée de laisser la parole à mon amie Cloé partie en tour du monde l’année dernière qui vit actuellement à Londres afin qu’elle puisse partager avec nous son expérience et nous raconter ses expériences culinaires à travers le monde. 

 

 

réflexion : être végétarien en voyage, expérience Australieréflexion : être végétarien en voyageréflexion : être végétarien en voyage, expérience en Australievoyager en étant végétarien, expérience en Australie

 

Mon amie Amélie, de longue date bien que malheureusement de longue distance, et que vous connaissez bien de par ces clichés remarquables et ces précieux conseils voyage, m’a demandé de participer à l’écriture d’un post : voyager quand on est végétarien ou vegan. Laissez-moi vous dire que 1. je n’ai pas pour habitude d’écrire pour vous les internautes et 2. mon épopée ZipWorld ne se qualifierait pas de culinaire. Cependant, Amélie c’est ma copine et j’y ai vu l’opportunité de promouvoir un mode de vie cruelty-free que j’ai adopté il y a presque 5 ans.

Ma soeur, Julie et moi, sommes parties il y a un an en “tour du monde” relativement express (trois mois et demi : Dubai, Thaïlande, Australie, Nouvelle-Zélande, Polynésie Française et USA). Ma soeur et moi, comme d’autres miliers de backpackers, nous sommes réjouies d’en boucler la boucle, appareil photos et EpiPen en mains (voir plus bas). 

 

Manger végétarien / vegan en tour du monde

Amis végétariens ou carnistes qui se posent cette question sérieuse de savoir si le voyage et le végétarisme sont compatibles, vous trouverez toujours de quoi vous mettre sous la dent même dans les coins les plus isolés. Oui parce qu’un plat végétarien en cas de nécessité n’est en réalité autre qu’une omission de viande et poisson (un tantinet plus délicat pour un plat végétalien). Alors à condition que la communication soit bonne entre vous et le natif qui vous prépare un bon petit plat, tout est possible. N’hésitez pas à insister que le poulet / thon n’est pas une option végétarienne car certains animaux ne sont pas perçus comme viande. Biryani, pad thaï, green curry, burgers, soupes … il y a toujours une solution, sinon, c’est que ce n’est pas un problème. 

Le petit problème justement : l’allergie dangereuse et compliquée de ma soeur aux produits laitiers. Je vous laisse imaginer l’étonnement et confusion des gens au moment de commander : So my sister here has a serions dairy allergy, she cant’ even have the slightest amount of butter or she’ll die, but she loves fish. As for me, I’m vegan. 
Relous, les deux frangines françaises ? 

 

végétarien en tour du monde : expérience en Thailande

végétarien en tour du monde : expérience en Thailande
végétarien en tour du monde : expérience en Thailande
végétarien en tour du monde : expérience en Thailande

 

 

 

 

Le chameleon ou comment s’adapter à toute situation

Être végétarien en voyage, donc, c’est possible mais ne va pas sans jugement. Je me suis rarement sentie être l’intrus en voyage. Pour vous donner une idée, c’est surtout quand je vivais en France que j’ai du faire face au veggie shaming. Je me souviens d’un restaurant à Lyon où le chef est sorti de ses gonds (et de sa cuisine par la même occasion) pour m’interroger : Mais pourquoi ne manges-tu pas de viande ? Que vais-je te préparer ? Même pas du poulet ? C’est une maladie ? Dans des situations pareilles, on se sent ridiculisé, mais j’ai appris à me protéger de toutes remarques cyniques ou hautaines (surtout après ma transition vers le végétalisme).

Durant mon tour du monde alors ? Rien de tout cela ne m’est arrivé. 
Certes, lorsque l’on voyage, on reste humble, on apprend de nos voisins et on s’adapte aux coutumes locales : “immersion totale”, dit-on. Il faut se rappeler que la majorité des gens sont bienveillants et accommodants dans n’importe quelle société. Un peu comme nos mamans qui s’assurent qu’on a assez mangé, même après nous avoir resservi trois fois.

 

Notre top 6, from tricky to easy

— Thaïlande : contrairement à toutes attentes, c’est en Thaïlande que nous avons peiné le plus. “Comment?” me direz-vous. Les fruits et légumes sont abondants et 93% de la population est bouddhiste. Oui, mais, le porc est une obsession et la fish sauce ou oyster sauce s’invitent dans beaucoup de plats. 

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— Polynésie Française : la cuisine maohi est dominante et le poisson un incontournable. Mais la gentilesse et la générosité des Tahitiens nous ont nourri l’esprit. De plus, la chaleur fait qu’un bol de délicieux fruits exotiques suffit parfois. 

Anecdote : Lors d’un repas familial auquel nous étions gentiment invitées par des locaux sur plage de Moorea près de Tahiti, on nous a fait gouter le fameux thon cru au lait de coco. Je vous confie me sentir bête d’y aller avec mes doigts couverts de sable pour (pardonnez-moi du jeu de mot), repêcher les morceaux de poisson afin de pouvoir manger le concombre. Le tout en étant observée dubitativement par la doyenne de la famille, une Mamie très drôle de 85 ans. Rappelons-nous que dans certaines cultures, partager de la nourriture avec un hôte est sacré et refuser cette dernière, une déclaration de guerre ! 

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— Dubaï : nous n’avons pas eu de mal à nous nourrir, mais notre escale de 5 jours ne se qualifierait pas de gastronomique pour autant. Avec 85% de la population dubaïote puisant ses origines dans l’Asie du Sud (à majorité indienne), on se fait facilement servir un repas sans viande. Notez aussi que la chaîne Carrefour est répandue aux Émirates Arabes Unis (le groupe Majid Al Futtaim est partenaire et franchisé de Carrefour), donc pas de dépaysement majeur en matière de nourriture. Les taboulés, biscuits sans lait ou œuf, le pain et les compotes nous ont sauvé la mise plusieurs fois.

 

— Nouvelle-Zélande, Australie et USA : viennent ensuite pays anglo-saxons ou le mot vegan ne fait froncer les sourcils de personne. On sait ce que c’est, le mot s’immisce dans tous les menus et les approvisionnements des supermarchés ne sont pas décevants. 

Anecdotes : On a pu opter pour un BBQ vegan lors d’une excursion dans l’outback Australien. Les magasins des plus petites villes néo-zélandaises ont une section végé et je vous laisse deviner que la côte Ouest des USA est bourrée de restaurants vegan alternatifs et branchés. 

 

 

réflexion : être végétarien en voyage

Société de consommation ! 

Je me suis même surprise à prendre plaisir à passer environ 1h30 dans un Coles Supermarket le jour où nous avons atterri à Los Angeles. Scruter des dizaines de produits vegans nouveaux et excitants faisait alors parti d’un rituel d’analyse de la culture. Que mangent les Américains vegans ici que je ne trouve pas chez moi à Londres ? Ce jour là, par la même occasion, j’ai réellement compris l’œuvre pop art de Duane Hanson, Supermarket lady. Les allées parfaitement rectilignes, la lumiosité presque envoutante des néons et les rayons vides de clients (heure tardive) a rendu l’expérience presque aussi excitante que notre visite à Universal Studios deux jours plus tard.

 

Manger pour vivre ou vivre pour manger ?

Trêve de plaisanteries. Alors être végétarien en voyage c’est évidemment possible ! La question qui se pose conséquemment est  : faut-il manger pour vivre ou vivre pour manger ? Autrement dit, trouver un repas veggie devient soit un enjeu stratégique de survie (i.e Tahïlande où le riz a été notre meilleur ami), soit un hédonisme responsable. Je vais conclure en ajoutant que ma sœur et moi-même, nous nous sommes rapidement aperçues que rien ne vaut un plat qu’on cuisine soit-même, quelque soit les moyens du bord. Notez aussi qu’être et cuisiner végétarien ou vegan demande toujours plus de curiosité, de recherches et de patience (on ne peut -hélas- pas manger la première chose qu’on trouve) et ça, ce sont des qualités indispensables en voyage. Et oui, car c’est en cherchant cette petite roulotte vegan dans un guide local que vous découvrirez un quartier atypique sans vous y attendre. Ou c’est en demandant conseil à votre auberge de jeunesse, que vous vous ferez inviter par des natifs pour un brunch veggie. 

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voyager quand on est végétarien, expérience en Polynésie françaisevoyager quand on est végétarien, expérience en Polynésie française

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*Végétarien : ne mange pas de chair animale (viande, poisson, crustacés), ni en théorie de sous produits ayant entrainé la mort des animaux (gélatine, présure de certains fromages).

Végétalien : ne mange aucun produit d’origine animale, donc pas de produits laitiers, d’œufs, de miel …

Vegan : au-delà du régime végétalien, les vegans ne consomment aucuns produits issus de l’exploitation animale (fourrure, cuir, laine) et n’achètent pas de produits cosmétiques ou ménagers contenant des matières animales ou ayant été testés sur les animaux. Il ne se rendent pas non plus à des spectacles exploitant les animaux comme la corrida, les zoos ou les cirques avec animaux. 

Veggie : ce terme rassemble les végétariens, les végétaliens et les vegans.

 

 

 

Merci Cloé pour ce retour d’expérience ♡
N’hésitez pas à jeter un œil au reste de leur photo sur leur page facebook Liloé
mais aussi à partager vos expériences “végétarien en voyage” (tour du monde ou non d’ailleurs).