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Sûrement que je n’ai pas dû la découvrir comme il se doit. Sûrement, que le temps (pourri) a beaucoup joué dans la balance. Sûrement, le fait aussi qu’on n’avait pas énormément de visites programmées par l’école. Sûrement, que j’ai eu la tête trop bourrée d’informations et de photographies avant d’y aller. Je ne sais pas vraiment les raisons, peut-être y retournerai-je un jour, accompagnée du barbu cette fois, parce que Prague, je pense, se vit plus romantiquement que scolairement. Pour l’instant, ma déception est encore trop fraîche, je prévois d’autres voyages avant d’y retourner, sans savoir si je serai encore déçue. Le coeur pour l’instant n’y est pas vraiment, ni l’attirance, ni la simple envie. Peut-être même que je n’y remettrai jamais les pieds. 
L’histoire de la bohème me touche, tous ces évènements qu’elle a traversée, de la guerre de trente ans à la révolution de velours, passant par le Printemps de Prague, pourtant je n’ai ressenti rien de cela en foulant les pavés de la vieille ville. Peut-être avais-je trop lu les mémoires d’outre-tombe et la façon racontée de Chateaubriand, peut-être m’étais-je trop plongée dans son récit, et avais espéré ressentir la même chose.
Si c’était à refaire, je prendrais le temps de rentrer dans la basilique Saint George, dans Notre Dame de Lorette, ou dans la cathédrale Saint Nicolas. J’essaierais de m’adonner à l’Art nouveau en visitant le musée Mucha. Je me perdrais hors des grandes foulées touristiques pour essayer d’aller au contact des Pragois. Peut-être m’intéresserais-je davantage à l’histoire juive de la ville, sans passer par le cimetière ou le mémorial, qui, piétinés par ces touristes, simplement là pour quelques clichés ou par obligation, à se pousser, à n’avoir aucun respect pour tous ces noms inscrits sur les murs. Tous ces noms morts écris en rouge, ces dessins d’enfants qui n’avaient même pas encore 15 ans, et qui à l’aide de quelques crayons retranscrivaient leur émotion. Ces touristes qui ne prenaient même pas la peine de lire les légendes, l’histoire de ces gens. Je ne comprends pas que le silence ne soit pas maître dans un endroit tel que celui-là, où la souffrance recouvre les murs et pourrait même vous empêcher de respirer. J’ai été déçue de ces comportements. Je le suis même de plus en plus. J’ai observé l’irrespect des étrangers notamment à Barcelone que je trouve de plus en plus honteux, mais là n’est pas le sujet. 

Déçue aussi par le manque d’art urbain, certes les bâtiments sont beaux, les gens n’ont pas forcément envie de les voir “salis”, pourtant je pense que le street art est un moyen de transmettre l’histoire, un sentiment, une pensée. Les graffitis ne sont pas simplement là pour faire beau, les artistes s’expriment avant tout. Peut-être que découvrir l’histoire si douloureuse de la ville par des graffitis serait intéressant.Un article rempli de peut-être en soi.
 
Je ne dénigre pas la belle ville de Prague, j’ai aimé son architecture, mélange de Baroque, d’Art nouveau, de médiéval & de contemporain. 
Mais Prague se ressent plus qu’elle s’admire. J’y suis allée, j’ai admiré, si un jour j’y retourne, j’espère cette fois, la ressentir ! !
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Nous logions à l’hôtel Fusion qui était top !