Découverte du Siné Saloum : le Sénégal au fil de l’eau
Il y a tellement de beaux paysages à voir au Sénégal, mais pour ce premier voyage au pays de la Téranga nous nous sommes focalisés sur l’une de ses plus belles régions : le delta du Siné Saloum ! Suivez-nous dans cette excursion au cœur du plus beau secret du Sénégal.
Le Siné Saloum, un nom qui laisse rêveur. Un dédale d’îles et de bras de mer qui forme un labyrinthe naturel niché au-dessus de la Gambie sur la côte maritime du Sénégal. Pendant cinq jours, mangroves, palétuviers, charrettes et randonnées dans la brousse ont ponctué ce voyage en terres sénégalaises. Après avoir lu notre article pour préparer votre voyage au Sénégal, plongez avec nous au cœur du delta du Siné Saloum.
Le Siné Saloum, le Sénégal au fil de l’eau
Où se trouve le Siné Saloum ?
La région naturelle du Sine-Saloum se trouve au Sénégal au sud de Dakar et juste au-dessus de la frontière gambienne. Pour explorer cette réserve naturelle et protégée, nous avons opté pour la pirogue au départ de Ndangane.
Excursion 5 jours dans le Siné Saloum au Sénégal
Jour 1 : en marche jusqu’à Mar Fafako
Je ne sais pas combien de mile marin nous avons parcouru jusqu’à notre premier stop au Siné Saloum : l’île aux oiseaux. Nous y observerons différentes espèces (Héron goliath, garde bœuf, aigrettes, pélicans, sternes ou encore martins chasseurs). Le temps file vite sur l’eau, on se laisse bercer volontiers de gauche à droite comme les aiguilles d’une boussole. Nous arriverons ensuite à Mar Fafako où champs d’arachide et de mil sont un visage familier et viennent enrober le campement Essamaye, notre case à impluvium pour les deux prochaines nuits.
Le lendemain, alors que les charrettes nous doublent d’un air curieux et amusé, nous marcherons quelques heures à travers la brousse. L’air est déjà chaud et moite. Quant aux zones d’ombre, elles se font rares. L’arrivée au village de Mar Fafako sonne nos premières rencontres intimes. Celles où nous avons pu rentrer chez les gens et partager un peu de leur temps. Le médecin du village nous ouvre les portes du dispensaire. D’une charrette à quelques kilomètres à pieds, nous traverserons successivement Mar Souloum puis Mar Lodge.
Jour 2 : le marché aux poissons de Djiffer
Ici, il n’y a plus que le moteur de la pirogue et quelques sifflotements d’oiseaux qui font écho. On approche du port de Djiffer, porte d’entrée du Siné Saloum. Ça s’agite, se bouscule. Les moteurs des pirogues rugissent frénétiquement comme des vieilles motos. Les enfants pataugent dans l’eau stagnante. Quant aux femmes, elles marchandes d’une main de maître. Les étals de poissons sont beaux, chacun y met de son originalité. De notre barque, à quelques mètres de cette agitation, j’imagine la couleur vive des rougets. Les mouettes s’agitent comme des rapaces. Tout le monde est là et de toute manière, c’est là qu’il faut être. Bienvenue au marché de poisson de Djiffer.
Siné Saloum : de Djiffer à Niodor
Nous accosterons ensuite sur l’île de Dionouar pour rejoindre tranquillement et quelques heures plus tard le village de Niodior. Des femmes me complimentent sur les motifs de mon kimono, les enfants veulent qu’on leur tire leur portrait. Ce sont toujours autant d’émotion, et même au bout du 20ème enfant, que de les regarder se toucher le visage après avoir contempler leur reflet. On déambule de ruelles en ruelles. Si Niodor est un village plus grand, sa structure est toujours le même. Il y a d’abord cette terre battue, ses murs de briques pas tout à fait droit, ni terminé, ce linge coloré, ces tissus de wax qui pendent aux cordes à linge. Quelques demoiselles qui se promènent saut sur la tête. Et ce toubab qui résonne dans le fond des cours.
Nous quitterons l’agitation de Niodor pour rejoindre l’un des bras du Siné Saloum. Le choc sonore est toujours impressionnant. Alors que nous n’avons fait que quelques kilomètres, le calme du delta nous séduit à nouveau. Elage nous encore gâté avec un pique-nique digne des rois : poisson grillé, mangues et crevettes du fleuve. Il n’en fallait pas plus pour se régaler.
Au cœur de ce labyrinthe que forme le parc national du Delta du Saloum, nous rejoingons l’aire marine protégée de Bamboung. Nos adieux avec Elage sont durs, un vrai pincement et cette fichue impression de quitter quelqu’un que nous savons pertinemment ne jamais revoir. Ce soir nous dormons au campement Keur Bamboug, un endroit coup de cœur aux airs d’ailleurs.
Jour 3 : au cœur de la mangrove du Siné Saloum
Le lendemain, nous naviguerons seuls en kayak dans les entrailles de la mangrove. Je ne m’étais jamais imaginé pourvoir faire du kayak au Sénégal. Je ne sais pas où nous nous trouvons, d’ailleurs, je suis à des lieux de ces images du Sénégal qui venaient nourrir mon imaginaire. J’en suis loin, très loin même. Il est temps de redescendre sur Terre pour continuer le périple jusqu’à Sipo, où se trouve Fatou Mané, la reine du village. Une autre pirogue nous attend, la dernière du voyage. Je sens déjà mon cœur se déchirer et la nostalgie m’emparer. Derniers instants dans ses bras de mer tentaculaires, derniers reflets d’eau salé immortalisés, derniers instants de sérénité au Siné Saloum.
Jour 4 : les villages du Siné Saloum
Le bruit des mobylettes résonnent au loin dans la brousse. Je m’étonne de l’absence de jonchée de détritus qui ponctuent d’habitude mes pas. C’est normal, nous arrivons aux portes de Dassilamé, le village de Pape et village autoproclamé “plus propre du Sénégal”. Il y a encore du chemin à faire et surtout le besoin du soutient des gouvernements dans cette prise de conscience est indispensable. Mais l’initiative est plus que louable.
Au détour d’une conversation, Pape nous propose une excursion improvisée. Des musiques et chants d’enfants au loin, une fête musulmane et un marabout. Il nous embarque en pleine nuit, éclairée à la lueur de la pleine lune, sur sa mobylette, sans phare, ni casque, ni peur, à travers la brousse.
On arrive à Toubacouta, il ferait presque jour tant les lumières sont nombreuses. Tout le monde est sur la place centrale, le poumon du village. Les hommes assis ensemble à boire du thé, les femmes dansent et ont sorti leur plus belles robes, les enfants jouent et courent dans les rues symétriques. De fil en aiguille, nous nous retrouverons dans une situation tout aussi exceptionnelle que gênante. Pape nous invite à rentrer chez le Marabout qui va tenir l’office : c’est un grand honneur. Il n’y a que 3 canapés, le fauteuil du marabout, quelques corans et affiches religieuses pendues au mur.
L’un des sages d’un village voisin souhaite remercier notre présence. C’est inhabituel de voir deux toubabs, ici, qui plus est lors d’une cérémonie islamique. Notre intérêt les touche et le marabout nous invite à partager le repas. L’absence d’hygiène et d’eau potable ne me fera pas reculer devant ce réel honneur que de partager ce moment intime. Vint le temps de la cérémonie mais nous ne resterons pas jusqu’au bout de la fête qui durera jusqu’au petit matin.
Jour 5 : de Missirah à Dakar
Notre dernière journée d’excursion au cœur du Siné Saloum se lève. Nous marcherons au hasard à la rencontre des acteurs de l’horticulture maraîchère (culture d’oignon, tomate en autre). Puis, nous partirons découvrir la ville portuaire de Missirah où s’y trouve le plus grand baobab du Sénégal. Nous y retrouveront aussi, ces magnifiques pirogues sénégalaises.
Une dernière douche africain (avec un saut) qu’il faut déjà quitter ce petit paradis. Les silences prennent la relève du Siné Saloum ; pas un mot dans la voiture. Même Pape, étrangement, n’est pas bavard. Comme lors d’un retour de colonie de vacances, personne ne veut briser ses derniers instants. Jusqu’à la dernière seconde. Sur la route battue, on traverse d’autres villages et je regarde toujours les salons de coiffure d’un air amusé et fasciné. Le retour à la réalité est dur, très dur. Embouteillages, cris, pollution, Dakar se rapproche !
Voyage au Siné Saloum en circuit accompagné
Comme précédemment mentionné, nous avions choisi de partir au Sénégal avec Terres d’Aventure et de suivre leur circuit Terres marines du Sénégal. En autonomie le delta du Siné Saloum peut très bien se visiter mais il faudra vous trouver une pirogue, négocier, jouer avec les horaires et humeurs des sénégalais. Le delta offre énormément d’endroit qui ne seront pas praticables pour les marcheurs. La pirogue reste ainsi le moyen le plus adapté pour la découverte du Saloum. En passant par une agence et en voyageant avec un guide expert de la région (notre guide Pape est né ici et connaît toutes les îles comme sa poche) c’est beaucoup moins de tracas, d’organisation pour vous et le guide pourra vous enrichir de nouvelles connaissances.
Quand on regarde sur une carte du Sénégal notre itinéraire, vous aurez l’impression que nous n’avons rien vu. Au contraire, je n’ai jamais eu ce besoin de traverser le pays de long en large et en travers pour découvrir l’âme du Sénégal. Prendre son temps, se reconnecter à la vie, ce voyage je l’ai adoré en partie grâce à la déconnexion qu’offre le delta du Siné Saloum.
Mon dieu, que c’est beau.. magnifique article !! :)
Tes photos et tes textes nous plongent dans un univers si lointain, chaleureux, pleins de sourires et de lenteur.
Il y a tant de douceur dans ces images! Oui, vous semblez avoir touché du doigt l’âme du pays!
Ces photos sont superbes, j’adore particulièrement les portraits. Très beau reportage :)
De doux mots sur de belles images ! Quel voyage !
Quel beau carnet de voyage! C’est dépaysant.
lire cet article est un intense plaisir, chaque mot, chaque photo sont à siroter… j’y ai voyagé il y a longtemps (presque 20 ans au secours…) et retrouve ces couleurs qui sont restées gravées dans ma mémoire, que je vois dans mes yeux à chaque fois que je sens résonner en moi le mot Sénégal… oulala que d’émotions dans ce voyage, je comprends si bien cette envie de prendre son temps, de s’immerger dans l’ambiance d’une terre reculée et déconnectée… merci pour ce partage ;-)
Tes photos sont incroyables! Quel beau voyage :)
Quelle sublime et envoutante (parenthèse) sénégalaise <3
Tes photos bien sur, et cette lumière, comme toujours chez toi. C'est beau, poétique, touchant.
Je ne connais pas le Sénégal, pourtant, dans un coin de ma tête, je me l'imagine à l'image de tes photos et de tes mots. Tu viens confirmer sans déception aucune ce dessin que je m'en étais fait.
Je n'aurais jamais songé jusqu'à présent, à y mettre les pieds, pourtant, ton article me donne grandement envie d'y aller dès demain !
C'est drôle d'ailleurs, car ce voyage le long du Sine Saloum, me rappelle quelque part mon voyage en Egypte, le long du Nil, avec ces arrêts à mesure que l'on progresse et surtout, ces visages, ces rencontres et ces si beaux moments de partages.
Tes photos sont magnifiques, tellement douces ! Ça me rappelle beaucoup de souvenirs et même si j’ai moins accroché au pays que toi, avec le recul, je ne garde que de jolies images en tête !
Je suis tellement contente que tu es pu réaliser un de tes rêves africains et que tu es foulée la terre sénégalaise à ton tour !
Évidemment, tu te doutes que te lire ‘a fait remonté de beaux souvenirs, d’autant plus que nous étions dans la même région. Certains noms sonnent familiers pour mes oreilles et mes papilles se délectent du souvenir des yassa crevettes ou tiep bou…
Quel article plein de douceur :)! Le rêve de mon papa est d’y aller un jour avec moi et j’espère qu’un jour ce rêve se réalisera
Superbe ! J’ai vécu au Sénégal 4 ans et tes photos me font revivre plein d’émotions. Bravo !
Encore une fois, des photos vraiment magnifiques, on en prend plein les yeux et ça fait rêver ! <3
Les photos sont vraiment belles ! Du coup je reste tellement concentrée dessus, que je n’ai toujours pas lu le texte !!
Non mais ces photos de magazine de voyage hyper méga quali <3
Comme Milla, je vais remonter pour lire cette fois haha, trop omnibulée par les photos :)
Julie
Quelles photos ! Chapeau, une belle escapade :)
Un très très bel article et de jolies photos. J’adore les tons et l’ambiance générale
Bravo !
Quelles merveilles! J’en ai la chair de poule…
Vraiment un belle article qui me donne envie de m’intéresser plus à l’Afrique. ça manque un peu de montagne tout de meme ;p
Bonjour,
Vos photos sont tellement belles. Je n’avais jamais pensé à cette destination, mais votre escapade donne vraiment envie de s’y rendre.