Fuir le tourisme de masse, trouver des chemins de traverse, faire un pas de côté, regarder dans une direction opposée, voilà quelques notions qui définissent assez bien le “voyage hors des sentiers battus”. Mais peut-on encore réellement employer cette expression ? Qu’en est-il du voyage atypique et original, est-ce encore possible ? Portrait de 10 destinations pour voyager autrement !

où voyager hors des sentiers battus ?

 

J’ouvre le débat avec 9 autres voyageurs sur le thème du “voyage hors des sentiers battus”. C’est une expression galvaudée qui pour certains aurait presque perdu de son âme. C’est d’ailleurs un sujet, parfois sensible, qui n’a pas fini de diviser la communauté de voyageurs. Peut-on encore voyager hors des sentiers-battus ? Dans le fond, qu’est-ce que cela signifie ? N’est-ce qu’une symbolique d’aller là où personne ne va ? Voyager tel un explorateur des temps modernes pour poser les pieds sur de nouveaux territoires, presque, ou pas explorés ? Ou n’est-ce plus qu’un vulgaire argument marketing ? Alors que de nombreux voyageurs souhaitent se rendre dans les destinations “tendances”, “instagrammables” et déjà très populaires, pourquoi certains se tournent plutôt vers des pays ou régions qui portent des noms drôles, inconnus, parfois imprononçables. Des lieux qu’un grand nombre de personne ne pourrait même pas positionner sur un planisphère. 

 

Voyager “hors des sentiers battus” en 2019 késako ? 

 

Mais la question que l’on se pose pour beaucoup est la suivante : est-ce qu’il est encore possible en 2019 de voyager hors des sentiers-battus ? Je suis bel et bien convaincue que oui. À l’heure où le tourisme n’a jamais autant battu son plein, il est évident qu’il y a de nombreuses régions sur Terre peu médiatisées qui ne sont qu’au stade embryonnaire de leur développement touristique (ou inexistant). Le tourisme ne se réduit pas à un classement Lonely Planet des “destinations à ne pas manquer cette année”. Voyager hors des sentiers battus pour moi, c’est une manière aussi de mériter son voyage. Les destinations peu explorées s’expliquent souvent par des distances longues, des trajets inconfortables voir périlleux, des aléas. Pas de vol low cost, évidemment. Voire même pas de routes pour certaines. Ceci explique certainement la non-ténacité de certains voyageurs qui manquent de temps, d’énergie et qui ont besoin de confort ou d’un accès rapide (car peu de vacances).

Voyager hors des sentiers battus c’est aussi bien choisir son hébergement. Privilégier le tourisme solidaire local, les hébergements autogérées par les communautés qui ne proposent souvent que très peu de places (et qui rapportent un revenu aux villageois) comme dans la région du Siné Saloum au Sénégal

voyager au Sénégal blog hellolaroux

Voyager hors des sentiers battus c’est aussi savoir mettre ses habitudes de vie et de consommation de côté. Ses mœurs, coutumes et pensées figées pensant que le monde tourne de la même manière que chez nous. C’est vivre en immersion, se couper du monde et explorer un espace temps que nous ne connaissons pas. C’est partir à la rencontre des peuples du monde et s’ouvrir en faisant tomber les différentes barrières d’idiomes et religions. C’est accepter de voir son voyage bouleversé, de devoir faire de la pirogue ou de l’autobus sur plusieurs jours, de ne pas avoir de l’eau potable, ni même de douche. 

Mais voyager hors des sentiers battus c’est savoir aussi ouvrir les yeux sur ce qui nous est le plus proche et pourtant nous semble invisible. Notre quête d’ailleurs nous pousse instinctivement vers l’étranger et l’inconnu. Pourtant nous avons la chance de vivre dans un pays très multiculturel où nous avons tous quelque chose à apporter à l’autre. Le voyage, je le dis toujours, commence à l’orée de notre porte. Il suffit de sortir de son quartier, de tendre l’oreille, de se poser sur un banc pour rencontrer des gens et voyager à travers leur histoire, leur culture, leur parcours. Je sais, vous ne pourrez pas rayer une destination qui figure sur votre bucket list mais c’est une autre manière de voyager qui peut être tout aussi bien non ?

Petit aparté avant de laisser la parole aux autres voyageurs : lorsque l’on voyage, surtout dans des territoires isolés, lointains, peut-être même dépourvus d’hôpitaux, il est primordial de souscrire une assurance voyage. Un accident à l’étranger est vite arrivé et le rapatriement (dans le pire des cas) doit être assuré. Allianz Travel propose par exemple divers forfaits, notamment l’assurance voyage spéciale longs séjours (de plus de 2 mois et jusqu’à 2 ans), idéal pour les grands voyages ou même les expéditions. Dans tous les cas, n’oubliez pas : partez assurés !

 

 

10 destinations hors des sentiers battus pour voyager autrement

 

  1. Le Lac Baïkal
  2. Les îles Samoa
  3. La Tanzanie en train
  4. Mayotte
  5. Le Kirghizistan
  6. Les îles Australes
  7. Madagascar
  8. L’Arctique Russe
  9. La Mongolie
  10. Le Nunavik

 

 

 

1) Le Lac Baïkal en hiver par Laurélen & Célia

« Mars 2019. Aéroport Roissy-Charles De Gaulle. Je piétine d’impatience. Mon regard ne peut se détacher de ma montre. Je guette l’heure de l’embarquement. Premier vol pour Moscou. Deuxième vol pour Irkoutsk. Direction la Sibérie. Il y a un peu de poésie dans le mot “Sibérie”. Pour moi, la Sibérie évoquait des terres de solitude entachées par une Histoire sombre, des rivages infinis, une mer de glace, sans parler d’un climat rude quand on sait que dans la région de Verkhoïansk la différence entre les plus hautes et les plus basses températures dépasse les cent degrés. Mais pas la peine d’aller si loin, le froid du lac Baïkal, à la frontière mongole, me suffit amplement ! Mon projet est simple : réaliser en quelques jours le tour d’Olkhon, la principale île du Baïkal, en total autonomie et par la glace. Mon objectif est encore plus simple : renouer avec l’autonomie que confèrent les voyages en pleine nature et le dépassement de soi induit par les longues journées de marche.»

 

Il y a un peu de poésie

dans le mot “Sibérie”

 

La côte ouest de Khoujir, la principale ville d’Olkhon, est plutôt « touristique ». A longueur de journée, des UAZ, de vieux combi soviétiques, évoluent sur le lac pour emmener des voyageurs, majoritairement asiatiques, à la découverte des cavernes de glace créées au début de l’hiver et de quelques lieux phares où se mêlent bouddhisme et chamanisme. En revanche, la côte Est est inaccessible aux véhicules à cause des nombreuses failles créées dans la glace. Pendant mes derniers jours de marche, je ne croiserais personne à l’exception de quelques voyageurs russes, venus de Moscou, chaussés de patins à glace. La traversée du lac Baïkal en hiver est un voyage contemplatif, qui s’adresse aux voyageurs responsables. Néanmoins se déplacer sur la glace ne s’improvise pas et demande un minimum d’expérience ou la présence d’un guide. »

Retrouvez le blog de Laurélen et Célia — Marguerite & Troubadour (un de mes blogs chouchous)
D’autres destinations atypiques y sont mises en avant comme l’Éthiopie ou encore Sumatra

voyage hors des sentiers battus : le lac baikal en hiver

 

 

2) Les îles Samoa avec Marina

C’est en août 2017 que mon barbu baroudeur et moi avons découvert ce petit bout de paradis situé au coeur de la Polynésie, dans le Pacifique Sud. Expatriés à Wellington depuis 1 an, nous cherchions alors à fuir l’hiver austral, trop pesant, trop gris et trop humide et notre choix s’est finalement porté sur cet archipel volcanique du bout du monde. De l’île d’Upolu à Savai’i, d’Apia à Lalomanu, de Matareva à Manase en passant par Satuiatua et Falealupo, nous avons, pendant une dizaine de jours, découvert les merveilles des îles Samoa, admiré des paysages grandioses, véritables cartes postales, savouré les spécialités locales, nagé avec les tortues et plongé sur épave, et rencontré des gens passionnés et fiers de leur culture. Un voyage bien loin des grandes routes touristiques que nous ne sommes pas prêt d’oublier tant nous avons été touché par l’exubérance et la beauté des paysages, la générosité de tout un peuple et la richesse de sa culture.

Notre roadtrip au Samoa s’inscrit, pour nous, dans un voyage hors des sentiers battus. Il n’y a qu’a demander autour de vous, bien peu de gens ont déjà voyagé dans ces îles paradisiaques du bout du monde ! Bien que ces îles tirent une grande partie de leur richesse du tourisme, leur isolement géographique, leur éloignement des grands axes aériens et donc des grandes routes touristiques en font un archipel préservé du tourisme de masse. Il y a bien des néo-zélandais et des australiens qui s’y rendent pour quelques jours de repos ou pour y passer leur lune de miel mais on est bien loin de l’envahissement et il est très facile de s’en éloigner car peu nombreux sont ceux qui quittent leurs hôtels pour s’aventurer sur les petites routes des Samoa comme nous l’avons fait !

Rechercher l’authenticité, vivre des expériences typiques et partir à la rencontre des locaux, aujourd’hui, nombreux sont les voyageurs à souhaiter donner davantage de sens à leur voyage en s’éloignant des itinéraires classiques. Sans parler du voyageur extrême qui partira seul sur son île déserte au fin fond du Pacifique ou au milieu de la jungle, coupé de toute civilisation et à des centaines de kilomètres de la moindre habitation et sans connexion internet ou réseau téléphonique. Voyager hors des sentiers battus c’est peut être adopter une approche différente du voyage classique en visitant des sites moins connus, en voyageant en basse saison et pour les plus téméraires, en se rendant dans des lieux plus difficiles d’accès quitte à y perdre un peu (beaucoup !) de son confort et ça, tout le monde n’est pas prêt à le faire ! Je me souviens d’un voyage en Birmanie, de ce bus de nuit dans lequel nous étions les seuls touristes, de ces très très longues et inconfortables heures de voyage, de cette minuscule route de montagne pour finalement arriver au petit matin à Mrauk U, un site archéologique beaucoup moins connu que Bagan mais qui n’a rien a lui envier. C’était en juin 2015, au début de la mousson et malgré les nombreuses averses et l’inconfort du voyage, nous n’avons jamais regretté notre choix de nous y rendre hors saison et en empruntant un chemin plus long, loin, bien loin des routes touristiques.

Et ce n’est pas tout, puisqu’en plus des temps de trajets, il y a aussi parfois le budget qui augmente considérablement lorsqu’on souhaite orienter son voyage hors des sentiers battus. L’offre des hébergements par exemple peut être bien inférieur à la demande et donc les prix peuvent s’en ressentir. Mais est-ce que voyager ‘hors des sentiers battus’ signifie obligatoirement voyager loin du tourisme et ainsi devoir faire une croix sur les sites et lieux ‘incontournables’ ? Est-ce que cela implique de ne pas assister au lever du soleil sur les pagodes millénaires de Bagan en Birmanie ou de faire l’impasse sur les temples d’Angkor au Cambodge ? Si l’envie est là, je ne pense pas qu’il soit obligatoire de ne pas visiter ces lieux si beaux et ces sites extraordinaires. Il faut chercher simplement un moyen de rendre ces visites plus authentiques, en prévoyant de s’y rendre en basse saison ou, autre exemple, en mettant le réveil à sonner aux aurores et en se levant tôt pour ainsi essayer d’échapper aux hordes des perches à selfies !

Retrouvez le blog de Marina et son récit complet aux îles Samoa dans le Pacifique — Stories of Inspiration

voyage hors des sentiers-battus aux iles samoa

 

 

3) La Tanzanie en train avec Maryne & Jules

Nous aimons le train pour sa lenteur, les choses qui s’y passent, pour les paysages qu’il permet de découvrir mais jamais autant un voyage en train ne nous avait autant marqué … Ce voyage part de Dar Es Salam, principale ville de Tanzanie, sur la côte Est pour rejoindre Kigoma, à l’extrême Ouest ! Plus de 1 200 km sur les rails, 3 jours, 65 arrêts, environ 1 000 passagers, 14h de retard et nous ! Le but ? rejoindre le Parc de Gombe, rendu célèbre par Jane Goodall, primatologue reconnue dans le monde entier qui y a étudié les chimpanzés, ces grands singes que Maryne rêve de rencontrer.

Dès le début nous sommes gâtés, le train part avec un peu plus de 2h de retard (les ingénieurs devant attendre la livraison des freins de la locomotive), c’est aussi ce que nous étions venus chercher : des imprévus, une notion du temps complètement modifiée et loin de notre rythme habituel. Ça tombe bien, les aléas continuent puisqu’à peine partis et alors que le train n’a pas quitté totalement Dar Es Salam, nous nous arrêtons, 2h de retard de plus ! Peu importe, il se fait tard, la nuit tombe mais les marchands sont déjà aux fenêtres pour nous proposer de grignoter. (La suite de ce fabuleux voyage en Tanzanie en train à retrouver ici). 

Ce trajet n’avait pas uniquement pour but de rallier ce fameux parc mais bien de se connecter au pays que nous nous apprêtons à découvrir, à en apprendre la langue, à en connaître la culture, l’histoire et même la gastronomie. Un voyage hors du temps, hors des sentiers battus, hors des touristes. Nous sommes d’ailleurs pour beaucoup les premiers Mzungus (européens) croisés dans ce train !

Mais au fond qu’est ce que voyager hors des sentiers battus ? Ce terme peut semblé aujourd’hui banalisé, à juste titre je pense. Ou en tout cas trop utilisé subjectivement : un voyageur habitué aux lieux touristiques va avoir l’impression de sortir des sentiers battus dès qu’il croisera moins de touristes. Ce qui allie cette notion à l’idée de zone de confort. Peut-on dire qu’on sort des sentiers battus dès lors que l’on sort du tourisme de masse ? Je ne crois pas, je pense qu’il faut aller plus loin même si évidemment sortir du tourisme de masse est déjà une très belle étape. Les voyageurs ont tendance aussi à associer le fait de sortir des sentiers battus au voyage indépendant, au backpacking, là aussi je suis persuadé qu’il faut aller plus loin.

J’ai tendance à penser que ce mode de voyage est directement lié à la notion de temps, un voyage de courte durée ne nous permettant généralement que de faire les « immanquables » et de rester dans les traces habituelles. Le voyage hors des sentiers battus c’est, pour moi, l’idée d’aller chercher autre chose que ce que tout le monde connaît, d’aller découvrir de nouveau paysages, de s’immerger dans la culture locale à travers les rencontres, la langue, la gastronomie. De sortir des lieux où on peut croiser d’autres voyageurs occidentaux. Alors évidemment ceci demande une grande volonté de s’ouvrir et de découvrir en acceptant d’apprendre quelques mots de la langue locale, de goûter aux plats qui peuvent des fois être éloignés de nos standards européens. Mais on y trouve surtout des rencontres très souvent sincères et désintéressées, ce qui est plus difficile dans les zones touristiques. Il ne faut cependant pas tomber dans l’extrême : nul besoin de partir dans un pays en guerre ou dans une zone de danger comme Fukushima ou Tchernobyl (pourtant à la « mode » en ce moment !). Un voyage hors des sentiers battus peut très bien se faire dans un pays où le tourisme est roi, il suffit de choisir ses zones de voyage.

Pour terminer cet article j’ai envie de dire que finalement voyager hors des sentiers battus est aujourd’hui nécessaire pour l’équilibre des locaux et de leur environnement, à condition que nous ne soyons pas trop nombreux à faire de nouvelles traces, auquel cas nous n’aurons nulle part où aller ensuite.

Retrouvez le blog de Maryne & Jules et leur voyage (magique) en Tanzanie — Explore le Monde

la Tanzanie en train, voyage original

 

 

4) L’ile de Mayotte avec Elisa & Max

C’est en septembre 2018 que nous avons découvert Mayotte, l’île aux 1000 surnoms tous plus enchanteurs les uns que les autres, l’île aux parfums, l’île aux tortues, l’île au lagon. C’était aussi une première fois dans l’océan indien pour nous et Mayotte ne fut pas un hasard. Nettement moins touristique que La Réunion ou Maurice, nous étions curieux de voir ce que ce petit bout de France avait à offrir. D’un autre côté, quand on entend parler de Mayotte, c’est malheureusement la plupart du temps en mal : délinquance, insécurité, problème d’immigration. C’est ainsi que nous sommes partis vérifier par nous-mêmes, par forcément rassurés. 

 

Mayotte, perle méconnue
de l’Océan indien

 

101e département français, l’île de Mayotte ne recense qu’à peine 50 000 visiteurs à l’année. La majorité rendant visite à de la famille ou à des amis vivant sur place. C’est un chiffre très faible si on le compare aux 500 000 touristes de La Réunion. Déjà pour les statistiques, on peut considérer Mayotte comme une destination hors des sentiers battus. Au-delà des chiffres, une fois sur place, on prend vite conscience que ce n’est pas une destination touristique. Nous ne serons jamais abordés pour nous proposer une excursion ou des chapeaux. Les locaux, au contraire, se sentaient très flattés que nous ayons choisi leur île pour nos vacances et nous remerciaient. Très peu d’infrastructures de tourisme existent sur l’île, ce qui permet de garder une belle authenticité comme rarement nous en avons vu durant nos voyages de par le monde. Bien sûr une partie de nous est tentée de garder ce petit coin de paradis secret, dans un soucis de préservation d’une nature exceptionnelle mais fragile. Une autre partie de nous comprend que les habitatns ont aussi besoin que l’on parle de leur l’île et en bien pour changer des médias traditionneles. 

Retrouvez le blog d’Elisa & Max ainsi que leur voyage à Mayotte, joli département d’outre-mer que je rêve de voir — Best Jobers

visiter Mayotte blog

 

 

5) Le Kirghizistan avec Linda

Lors de l’été 2016 je suis partie seule au Kirghizistan pendant cinq semaines. Un voyage haut en couleurs où le mot aventure avec un grand A a pris tout son sens. Adepte de randonnées au cœur de grands espaces un peu isolés le choix du Kirghizstan m’est apparu comme une évidence. Ici j’ai vécu de merveilleux moments, auprès de locaux qui ne parlent pas anglais mais où la barrière de la langue n’a jamais été un frein aux belles rencontres. Le réseau de transports locaux n’étant pas bien développé j’ai vagabondé dans le pays à pied et en stop.  Je n’avais pas spécialement de plan au départ, j’avais simplement préparé l’itinéraire de quelques randonnées et j’ai laissé une grande place à l’imprévu, tout ce que j’aime en voyage.

Dans ce pays sortir des sentiers battus est plutôt facile car le pays n’est pas encore très touristique. Ce terme est aujourd’hui un peu banalisé car beaucoup souhaite fuir les lieux connus et bondés pour se retrouver dans des endroits plus isolés. Même si j’apprécie les réseaux et les blogs de voyage je suis pour le fait de ne pas tout partager, encore plus si ce sont des endroits encore préservés du tourisme de masse. Les blogueurs qui ont de l’influence devraient à mon sens faire attention à ce qu’ils partagent et ne pas toujours tout partager sans filtre. Tout va tellement vite sur les réseaux. Car certains endroits hors des sentiers battus, finissent par ne plus le devenir … (vous pouvez retrouver l’avis de Linda plus détaillé sur le sujet ici). Pour ma part je partage certains lieux sauvages mais j’en garde aussi pour moi. Après tout quand on aime les endroits préservés on fait tout pour qu’ils le restent non ? Et plus le voyage c’est aussi savoir se perdre, emprunter des petits sentiers et ne pas suivre bêtement un plan tout prémâché découvert dans un guide ou sur un blog. C’est aussi ça l’aventure : se construire son propre voyage en explorant les cartes ou en prenant le temps d’échanger avec les locaux qui restent les mieux placés pour partager leurs pépites. 

Retrouvez le blog de Linda — l’Apprentie voyageusevoyager hors des sentiers-battus au Kirghizistan

 

 

6) En cargo dans les îles Australes avec Mélissa

Un jour, j’ai lancé une flèche virtuelle sur un carte avec Dartsonmap et je me suis prise au jeu. Ma flèche était tombée en plein Pacifique Sud, loin de tout mais en zoomant, elle était à équidistance entre deux petites îles : Pitcairn, l’Île des révoltés du Bounty et Rapa Iti, la dernière des Îles Australes, dont je n’avais jamais entendu parlé. J’ai soumis les deux destinations au vote de mes lecteurs et ils ont choisi Rapa Iti.  Pour la rejoindre, il n’y avait qu’une seule option : le bateau. Jamais les Rapas n’ont voulu installer un aéroport et le cargo mixte qui transporte (en plus des passagers) vivres, matériels, fioul, etc. ne s’y rend qu’une fois par mois maximum. Il aura fallu 9 ans pour que je réalise ce projet et en novembre 2018, j’ai embarqué à bords du Tuhaa Pae IV pour une rotation quasi complète entre Tahiti et les 5 îles habitées des Australes. J’y ai découvert une Polynésie loin des clichés, moins tropicale, plus rurale, où le reste du monde semble vraiment, vraiment loin ! 

Pour moi, « hors des sentiers battus » a trois significations. La première est celle d’une destination difficile d’accès. La deuxième, je la rattache à une destination pas spécialement lointaine mais qui serait ignorée, pour des raisons diverses. Enfin, la troisième relève de l’expérience même du voyage, de ne pas faire du simple tourisme, mais de dénicher de l’insolite, même dans une destination qui est déjà très populaire. Malheureusement, le terme est en effet galvaudé. Tout le monde veut une « expérience unique ». Notre monde, pour ceux qui ont la chance de pouvoir le parcourir, se rétrécit et à part quelques exceptions, il semble que la grande majorité des routes, chemins et sentiers aient été parcourus et en voulant à tout pris de l’original, on essaie de défricher le peu de sentiers plus ou moins vierges qui restent. 

Les Îles Australes, c’est l’archipel le moins fréquenté de Polynésie. Son isolement géographique, le fait qu’il n’y ait pas eu d’aéroport jusqu’à récemment ont fait que les 5 îles soient restées très préservées et très peu touristiques. A part quelques atolls isolés des Tuamotu, on ne peut pas plus  « hors des sentiers battus ».C’est justement cet éloignement (et le prix que ça demande pour y arriver) qui va préserver les Australes mais je me pose la question en tant que blogueuse-voyageuse… dois-je garder le secret ? Tout cela entre violemment en collision avec mon instinct de raconteuse d’histoire mais quand je vois le pouvoir destructeur que peut avoir Instagram, je me pose sérieusement la question. J’ai déjà pris la décision de ne plus taguer géographiquement des lieux de grande beauté naturelle isolés mais pour le blog, je me tâte. Peut-être les raconterais-je sans photo, ou sans indiquer comment s’y rendre ? Maintenant, certaines destinations ignorées sont heureuses d’être mises en lumière. Jamais je n’ai autant de visiteurs quand je publie un article sur une petite ville, par exemple. C’est un équilibre à atteindre. 

Retrouvez le blog de Mélissa & ses articles sur la Polynésie — MelLovesTravel

voyager en cargo iles australes

 

7) Madagascar avec Servane

Et s’il suffisait de faire un pas de côté pour sortir des sentiers battus ?

Octobre 2006. Je partais découvrir l’Ile Rouge pour la première fois. Exit l’allée des baobabs, les Tsingys de l’Ankarana et les plages paradisiaques de l’Océan Indien : si Instagram n’avait pas encore converti des milliers d’internautes-aventuriers avec ses clichés faisant le Tour de la toile après avoir fait celle du Monde, j’avais décidé de faire l’impasse sur les itinéraires classiques de la Grande Ile. Troquer les cartes postales contre une aventure en terrain totalement inconnu. Une région sur laquelle je n’avais presque rien lu ni entendu. Une immersion entre brousse et océan, entre les eaux turquoise de l’océan et les verts intenses de la forêt primaire dans le nord-est malgache.

Appelée aussi « côte des pirates » ou « côte du palissandre », la péninsule difficile d’accès du Cap Masoala était encore dépourvue de toutes infrastructures touristiques. Mais, peu m’importait. Cette itinérance à pied devait me conduire de Maroantsetra jusqu’à Antalaha sur un chemin parfumé de doux arômes sucrés de vanille et d’ananas, de litchis et de clous de girofle à la découverte de la culture Betsimsaraka. Intégré dans le cadre d’un projet pilote de développement écotouristique, ce voyage représentait ma deuxième expérience de tourisme participatif sur le continent africain. La première remontant 10 ans en amont dans le sud du Sénégal, à la frontière de la Guinée Bissau en basse-Casamance. Cette région pilote servant de laboratoire dans le début des années 70 à travers la gestion de campements communautaires ou « campements villageois ». Un concept que l’on nommait à cette période « Tourisme rural intégré ».

Avril 2019. Je suis de retour sur la grande île, entrainant cette fois ma fille dans l’aventure. Du nord-est confidentiel et mystérieux, je pars non sans quelques à priori dans le nord-ouest malgache, autour de l’une des îles les plus fréquentées : Nosy Be. 13 ans se sont écoulés et je crains ne pas retrouver la spontanéité qui avait fortement marqué mon premier voyage. Pour ce nouveau départ, mon choix de vivre une immersion nature se présente comme une évidence pour sortir des sentiers battus. Sous condition de m’engager dans une démarche respectueuse de l’environnement et des populations locales. Ainsi, j’embarque à bord d’un boutre traditionnel pour une itinérance entre terre et mer, à la rencontre du peuple Sakalava. Des villages de pêcheurs du bout du monde au plaisir d’un bivouac nature sur une plage déserte, la robinsonnade invite à la détente et au dépaysement. Lorsque le bateau quitte terre, on s’enivre des embruns et de la limpidité des fonds marins. Lorsque l’on arrive à terre pour installer le campement, les sourires s’émancipent et on laisse la rencontre s’installer. Naturellement. Avec, toujours, un plaisir réciproque dont personne ne se lasse. Ni le vazaha ni l’autochtone. Côté terre, nous avons enchaîné par un trip de 3 jours à vélo le long du Sambirano, un fleuve qui prend sa source dans le massif du Tsaratanana et se jette dans la ville d’Ambanja. L’aventure complète à retrouver .

3 ans. Si le temps n’a pas réussi à freiner la course à la croissance et au progrès, laissant hélas sur son passage les traces symptomatiques d’un monde à deux vitesses, les années n’ont pas altéré l’essentiel. A l’instar du Sambirano, Madagascar recèle une grande quantité de trésors plus ou moins cachés. Sa culture et son identité fortement ancrées dans le quotidien en font toute sa richesse. Et surtout son humanité. Subtile et généreuse, son âme se dévoile pour celui qui prend le temps de la percevoir et de la comprendre. Savoir user des chemins de traverse et autres sentiers buissonniers pour voyager mieux et plus longtemps : voici à mes yeux le plus grand secret d’un voyage hors des sentiers battus ! Ainsi, ce n’est pas tant la destination qui importe, son décor ni ses lumières, qu’elle soit instagrammable ou pas assez photogénique pour influencer une communauté de voyageurs amateurs ou aguerris. L’essentiel consiste à savoir emprunter les sentiers balisés, tout en s’éloignant des axes les plus empruntés. Et en portant, toujours, un regard curieux et sans jugement sur l’altérité afin de laisser la magie opérer. En ce sens, teinté de couleurs et de parfums authentiques, le voyage devient une véritable aventure humaine. Et parce qu’il y a l’Art et la manière, il est toujours utile de savoir s’ouvrir à l’inconnu, qu’il se trouve devant sa porte ou encore de l’autre côté de.

L’aventure de Servane à Madasgascar à retrouver au complet ici — De l’autre côté de

voyager hors des sentiers battus à Madagascar

 

8) Perdre le Nord dans l’Arctique russe avec Lucie

Le 9 juillet 2018, je m’envolais de Genève direction Arkhangelsk, une ville au Nord-Ouest de la Russie, pour une expédition de 24 jours à bord d’un navire de recherche scientifique, le Professeur Molchanov. Le but ? Mener à bien des projets de recherche en lien avec le réchauffement climatique dans l’Arctique russe. Parmi les projets, deux étudiant.e.s avaient pour objectif de quantifier les micro-plastiques présents dans les eaux des mers traversées. Un autre groupe s’était donné pour mission de calculer les échanges de CO2 entre la mer et l’atmosphère. Pour ma part, je travaillais en binôme avec une camarade de Master. En tant qu’étudiantes en communication et journalisme, notre projet consistait à réaliser une série de vidéos de vulgarisation scientifique sur les projets de recherche menés sur le bateau. Durant cette expédition nous avons débarqué plusieurs fois sur l’archipel de la Nouvelle-Zemble. De manière générale, c’est le caractère désertique de l’archipel qui m’a frappé. Que ce soit sur le bateau lorsque nous n’avions que l’horizon à perte de vue, ou à terre lorsque nous foulions le désert arctique, nous avions un sentiment tenace de bout du monde. Et le jour polaire qui ne finissait jamais ajoutait encore au sentiment d’étrangeté sublime.

Je peux dire que cette expédition était réellement hors des sentiers battus. En effet, nous avons navigué pendant des jours et des jours sans voir un seul bateau à l’horizon. De plus, le cadre même du voyage – une expédition scientifique – en fait quelque chose de difficilement accessible. Enfin il faut savoir qu’une partie de l’Arctique russe est protégée puisqu’elle fait partie du Parc national de l’Arctique russe.

Concernant l’expression hors des sentiers battus, je pense qu’elle fait office aujourd’hui d’argument de vente pour des agences de voyages ou autres entreprises liées au tourisme, au même titre que l’authenticité par exemple. De ce fait, je ne considère pas qu’une destination de voyage hors des sentiers battus doive forcément être gardée secrète. En revanche, je considère que les lieux fragiles, tels que l’Arctique russe, doive être préservés. Ainsi selon moi un voyage comme celui que j’ai entrepris devrait effectivement rester inaccessible au plus grand nombre. En effet, même lorsque l’endroit est quasiment vierge d’habitants comme de touristes, on retrouve déjà de la pollution. C’est ce que nous avons constaté durant notre expédition : nous avons retrouvé des déchets sur les plages de la Nouvelle-Zemble à des endroits pourtant inhabités, et des micro-plastiques dans les trois mers traversées, même la mer de Kara, pourtant peu fréquentée. Les étudiant.e.s qui ont mené à bien ces recherches sont arrivés à la conclusion que ce sont entre autres les courants marins qui ont amenés les déchets dans ces zones reculées. Cela signifie que la pollution humaine arrive absolument partout, même là où les humains sont absents : il semble que sans même poser le pied sur une terre isolée, nous parvenons déjà à la polluer. Qu’est-ce que ce serait alors si l’endroit devenait une attraction touristique ? 

C’est un vaste sujet que de savoir quels endroits devraient voir leur accès limité – voire interdit, quels autres non, et comment mettre en pratique cette réglementation. Mais je pense que c’est aussi une question de prise de conscience individuelle : nous n’avons pas toujours besoin d’aller dans des endroits incroyables, nous ne sommes pas tous Mike Horn. Parfois, aller hors des sentiers battus, cela signifie aussi aller à rebours des guides touristiques. Je me souviens de ce voyage en Norvège où nous avons passé quelques jours dans les montagnes, à un endroit magnifique qui n’était absolument pas traité dans notre Lonely Planet. Comme quoi, lire un guide de voyage en creux, c’est-à-dire s’intéresser aux endroits dont il ne parle pas plutôt qu’à ceux dont il parle, peut réserver de belles surprises. Souvent, un seul petit pas de côté permet déjà de sortir des sentiers battus.

Le journal de bord de l’Expédition est à retrouver ici — la websérie “Perds pas le nord !”

UniArctic voyage arctique russe

 

9) La Mongolie avec Delphine & Maxime

La Mongolie nous a toujours fait rêver pour son côté sauvage et ses traditions préservées. Après avoir parcouru la région du désert de Gobi en van par le biais d’un tour organisé, nous n’avions qu’une envie : aller nous perdre et vivre notre propre expérience. Grâce à la plateforme Workaway nous avons trouvé une famille chez qui aller vivre. Ils habitaient dans cette région que les habitants de la capitale déconseillaient en cet hiver précoce : l’extrême nord de la Mongolie. C’est une fois là-bas que nous avons commencé à entendre parler de ce mystérieux peuple nomade, élevant des rennes et vivant dans des tipis à des centaines de kilomètres. Avec l’aide d’une guide indépendante locale nous avons organisé une expédition afin d’aller à leur rencontre. S’en sont suivis 5 jours au cœur de la nature, à parcourir les steppes en van puis les montagnes enneigées à cheval, à se laver dans les rivières gelées, à dépendre du bois pour se chauffer et manger, à partager des moments emprunts d’une infinie simplicité. Une des expériences les plus incroyables de notre vie : surprenante et profondément enrichissante !

Difficile d’éviter le terme « hors des sentiers battus » lorsqu’on parle de cette aventure, et c’est vrai que par sa nature insolite et sa localisation du bout du monde (le tout en plein cœur d’une saison où il devient même dur de croiser des habitants), il lui va plutôt bien ! Cependant il nous rend de plus en plus mal à l’aises. On s’explique : nous aimons particulièrement l’idée qu’il exprime à l’origine : sortir des schémas classiques pour faire ses propres expériences (c’est d’ailleurs à notre sens l’essence même de la définition du mot voyage : « exploration, découverte »). Cependant nous trouvons que ces dernières années il s’est largement banalisé, au point d’en perdre son sens : tout le monde veut sortir des sentiers, si bien qu’il est devenu difficile de réellement le faire. Les grosses agences de tourisme vendent des circuits « hors des sentiers battus », les guides de voyage ont des rubriques « hors des sentiers battus »… Si bien que ces petits endroits préservés deviennent des spots touristiques populaires. Et ainsi ce terme sensé faire référence à quelque chose de « différent » tend paradoxalement à faire ce que tout le monde veut faire : c’est devenu le graal de tout voyageur, la vague que tout le monde veut surfer.

Mais il ne faut pas se voiler la face : nous savons qu’en tant « qu’influenceurs » nous sommes aussi une des causes de cette évolution. On ne peut pas donner envie aux gens de faire des choses différentes et ensuite leur reprocher de vouloir faire pareil. Ce qui nous « inquiète » ce sont les dérives que cet engouement peut créer, comme la perte d’authenticité d’endroits auparavant préservés du tourisme. On aurait des anecdotes en pagaille et pas toujours très drôles, c’est pourquoi on fait maintenant davantage attention à ce qu’on partage ou pas. Ça peut paraître assez radical et on le fait parfois à contre-cœur, mais si on veut être sûrs qu’un petit trésor caché soit préservé de certaines dérives, le mieux est parfois qu’il reste caché. Pour le reste, ne plus géolocaliser les photos et sensibiliser à une expérimentation « responsable » semble être une alternative. Selon les cas (les Tsaatans, par exemple) il nous arrive aussi de demander l’avis et l’autorisation des personnes directement concernées. Le tourisme, quand il est raisonné, peut aider certains peuples : le challenge est de veiller à maintenir cet équilibre fragile entre tourisme constructif… Ou destructeur !

Voyager en Mongolie hors des sentiers battus — Entre Deux Pôles

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10) Le Nunavik

Je clos cette liste de 10 destinations pour voyager hors des sentiers battus en vous parlant du Nunavik. Ces terres arctiques du nord québécois que peu de gens connaissent ou même s’y intéressent. Pourtant, riche d’une culture inuite incroyable, j’y ai vécu mon plus beau voyage. En immersion au creux de cette folle toundra. C’est un voyage, comme je vous l’expliquais dans mes articles de blog sur le Nunavik, hors des sentiers battus. Du fait d’abord qu’aucunes routes ne permettent un accès direct à la région. Territoire isolé, l’avion est le seul moyen d’accès. Les prix des billets et du séjour (car il faut être encadré et bien guidé) sont onéreux. Un critère supplémentaire qui freine un grand nombre de voyageurs.

Je suis convaincue que si des routes directes depuis le sud du Québec existaient, il y aurait bien plus de touristes. Certains même camperaient n’importe où. D’autres feraient voler leur drone au-dessus des troupeaux de caribous pendant la migration (pour avoir la shoot à mettre sur instagram). D’autres encore viendraient le temps de quelques jours pour dire “j’y suis allée moi aussi”. D’autres encore viendraient polluer ces terres vierges de saloperies en tout genre. Je vois le côté négatif et bien évidemment, beaucoup de gens (sincères et respectueux) rêveraient de venir au Nunavik mais ne le peuvent en raison du budget conséquent d’un tel voyage. Malheureusement et fort heureusement (je sais c’est paradoxal), ces inconvénients permettent aussi de préserver la région, la nature mais surtout la culture inuite des touristes “compulsifs”. Les coûts alors élevés de certains voyages sont en quelque sorte les garants d’une balance fragile entre tourisme et préservation.

Mon carnet de voyage au Nunavik est à retrouver ici — Hellolaroux

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